mardi 9 décembre 2008

(143) Et alors ce concours?


Concours d'éducatrice de jeunes enfants de Lille 2008




L'épreuve se déroulait ainsi:
15 min d'un QCM sur la culture générale et l'actualité
Et 3 heures pour résumé un texte donné (en une copie max), choisir un thème en fonction de ce texte et grâce a ses expériences personnelles proposé une dissertation.



Compte rendu:
Personnellement je suis contente de moi sur le QCM (4 fautes)et sur le résumé.
Par contre pareil j'ai mal géré mon temps et j'ai un peu bâclé la dissert.

Moi j'ai choisit une phrase du texte qui disait, "Hier, les pauvres étaient surtout des personnes âgées; aujourd'hui, il s'agit le plus souvent de femmes jeunes élevant seules leurs enfants, de travailleurs peu qualifiés, de chômeurs de longue durée." et j'ai disserté sur les causes de ce changement.



Canard trouvé sur le site ade-pathi



Les questions du QCM:
01. Qui a écrit l'avare?
02. Combien de médailles pour la France aux JO 2008?
03. Valerie Letard est la secrétaire d'état de quoi?
04. Date de l'armistice de la 2e guerre mondiale?
05. Ou se trouve l'etna?
06. Palmes d'or 2008?
07. Nicolas sarkosy est élu pour combien de temps?
08. Quelle maladie infectieuse a pour origine la bacille de Koch?
09. Quelle boisson gazeuse est a l'origine un produit pharmaceutique?
10. La bonne orthographe pour calembour (c'est celle la)!
11. En quelle année francois mitterand a-t-il été élu?
12. L'origine du yogourt ?
13. L'année de la déclaration universelle des droits de l'enfant ?
14. De quel pays est la région de l'Ossétie du sud ?
15. Qui a écrit sur la route ?
16. Quel pays regroupaient ces régions : Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie, la Macédoine?
17. Que signifie RSA ?
18. Comment on appelle le fait de mélanger les lettres d'un mot pour en obtenir un autre ?
19. Quel serment prêtent les médecins ?
20. Qui est l'auteur des "4 saisons"?



Le texte:
La protection sociale, un investissement rentable

L'Etat-providence est en crise. Pour faire face aux nouveaux risques sociaux, il faut réorienter les systèmes de protection sociale. On peut distinguer un modèle continental (ou corporatiste) d'Etat-providence, un modèle social-démocrate et un modèle libéral. Chacun d'entre eux est issu d'évolutions historiques longues, propres aux pays qui les ont progressivement mis en place.

Le premier modèle concerne des pays comme la France, l'Italie ou l'Allemagne. Il correspond à des nations qui ont souvent une tradition conservatrice et/ou de réformisme catholique. Elles ont précocement développé un système d'assurances sociales dans lequel le statut professionnel est déterminant: les prestations sont financées par des cotisations prélevées sur les salaires et sont versées en fonction des contributions antérieures de chaque individu.
Le deuxième type est celui des pays scandinaves et des Pays-Bas. Dans ces pays à forte tradition démocratique et protestante, les prestations sociales sont versées de manière universelle, sans distinction quant au statut face à l'emploi. La protection sociale, gérée par l'Etat, est considérée comme un droit pour tout individu dès sa naissance, quelle que soit sa situation personnelle. Les allocations sont élevées, progressives et financées par l'impôt.

Enfin, le modèle libéral correspond aux systèmes mis en place dans les pays anglo-saxons: Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada. Comme dans le modèle scandinave, les transferts sociaux sont financés par l'impôt, mais ils restent modestes: les prestations sociales ne sont attribuées qu'aux personnes ayant de très faibles revenus, le reste de la population étant encouragée à souscrire des assurances privées.

Les trois modèles d'Etat-providence subissent actuellement une crise. Pour ce qui concerne le modèle continental, il a souvent pris forme à la fin du XIXe siècle, à l'époque de la révolution industrielle. Depuis, le contexte économique et social a changé. De nouveaux risques sociaux sont apparus que les Etats-providence ne prennent pas suffisamment en compte.

D'une part, la mondialisation rend cruciale la question du coût de la main-d'oeuvre. Dans le modèle continental d'Etat-providence, on l'a dit, le système de protection sociale dépend du statut d'emploi. Les cotisations sociales pèsent donc beaucoup dans le coût de la main-d'oeuvre (pour près de 50% en France). Ce qui pousse une partie des travailleurs faiblement productifs hors du marché du travail et désavantage ces pays dans la concurrence internationale. Les systèmes actuels de protection sociale sont également mal adaptés à la précarisation des emplois et à la plus grande mobilité dans les parcours professionnels, typiques de la nouvelle économie. Par ailleurs, du fait du vieillissement démographique, les retraites devraient augmenter d'environ 50% dans les trente prochaines années. La demande en soins pour les personnes âgées et les prestations dépendance vont également croître. Il faudra que l'Etat-providence puisse y faire face.

Enfin, les femmes ont fait une entrée massive sur le marché du travail. Mais celles qui s'y sont le mieux intégrées sont celles qui parviennent à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Ce sont le plus souvent des femmes issues de catégories sociales moyennes et supérieures, souvent mariées à des hommes issus des mêmes classes sociales. Au contraire, l'instabilité croissante des familles, la multiplication des divorces et des séparations se concentrent de plus en plus parmi les populations les moins éduquées. Et les familles monoparentales se multiplient. Elles présentent de forts risques d'exclusion et rencontrent d'extrêmes difficultés à intégrer le marché du travail. Hier, les pauvres étaient surtout des personnes âgées; aujourd'hui, il s'agit le plus souvent de femmes jeunes élevant seules leurs enfants, de travailleurs peu qualifiés, de chômeurs de longue durée. Or ces catégories bénéficient peu de la protection sociale, celle-ci étant concentrée surtout sur les salariés en emploi stable et sur les personnes âgées.

Il est nécessaire de réorienter complètement les systèmes de protection sociale, tout en conservant une prise en charge publique des populations, parce qu'elle est plus efficace et plus juste qu'une prise en charge par le marché ou la cellule familiale. Aujourd'hui, dans les Etats-providence continentaux, l'assurance sociale est souvent dénoncée comme un coût. Elle devrait au contraire être considérée comme un facteur de richesses futures. Il faut passer de politiques sociales réparatrices et compensatrices à une approche préventive, fondée sur une logique d'investissement social. La question à se poser en priorité devrait être la suivante: quels sont les investissements nécessaires aujourd'hui en matière de protection sociale afin d'éviter d'avoir à indemniser un trop grand nombre de gens demain?

Selon cette logique, les systèmes de protection sociale devraient viser surtout à diminuer les inégalités de ressources et à investir dans le capital humain, afin de favoriser une plus grande égalité des chances. Pour cela, il est indispensable en particulier d'agir dès la petite enfance. Les études sociologiques concernant la criminalité, la scolarité ou encore la santé montrent que les premières années de la vie sont déterminantes pour la réussite future. Il faut non seulement lutter davantage contre la pauvreté infantile, mais aussi investir sur les modes collectifs de garde. En Scandinavie, par exemple, tout enfant, à partir de l'âge de 6 mois, a la garantie de se voir offrir une place en crèche. De tels investissements sont largement rentables pour les pouvoirs publics . Ils permettent en effet de prévenir l'exclusion de futurs adultes, de favoriser la réussite scolaire, de préparer une main-d'oeuvre mieux formée, qualifiée et mobile, qui s'intégrera plus facilement au marché du travail.

Investir sur la petite enfance évite en particulier de dépenser beaucoup d'argent pour des politiques qui s'avèrent le plus souvent inefficaces. Les politiques d'activation sur le marché du travail, par exemple, coûtent très cher et ont des résultats mitigés: un tiers des personnes "activées" retrouvent un emploi stable, un tiers accèdent à des emplois temporaires mais reviennent ensuite au chômage et parviennent difficilement à se stabiliser dans l'emploi, et un tiers ne retrouvent pas d'emploi et s'enfoncent dans les difficultés sociales. Il en va de même pour les politiques éducatives, souvent tournées en priorité vers l'enseignement secondaire ou supérieur: elles permettent très rarement de combler les lacunes scolaires accumulées par une partie significative des jeunes au cours des premières années d'enseignement.
On dit souvent, en France, que les services publics doivent revenir dans les banlieues. La création de crèches constituerait sur ce plan un signe fort à l'égard des habitants de ces quartiers: cela signifierait qu'on se préoccupe de leurs enfants et qu'on favorise les conditions pour que les parents, notamment les mères isolées, puissent retrouver un emploi. Aujourd'hui, en France, si vous êtes une mère isolée sans emploi, vous n'avez pas la priorité pour les places de crèches puisque vous ne travaillez pas. Alors que c'est souvent le fait de ne pas pouvoir faire garder les enfants qui, justement, empêche de revenir à l'emploi. Une situation absurde. En outre, le développement des crèches créerait de nombreux emplois de qualité. De meilleure qualité notamment que les emplois de nounous ou d'assistantes maternelles.

Outre la petite enfance, la protection sociale doit se concentrer sur deux catégories de population: les femmes et les personnes âgées. Il faut notamment renforcer l'égalité entre les sexes en matière de répartition des tâches domestiques. Depuis quinze ans, les couples à haut niveau d'éducation - même ceux qui travaillent beaucoup - ont largement augmenté le temps qu'ils consacrent à leurs enfants, pour jouer avec eux, les stimuler. Ce qui favorise leur éveil. Cela n'a pas été le cas dans les ménages les plus modestes. Il faudrait donc chercher à réduire ces inégalités.
En ce qui concerne les personnes âgées, vers 2040-2045, leur proportion dans la population devrait avoir augmenté environ de moitié. Si l'on ne souhaite pas que la situation des retraités se dégrade, il faudrait donc accroître de 50% les dépenses de retraites. Le problème se pose surtout en Espagne, en Italie et en Allemagne. Un peu moins en France, où le taux de natalité est plus élevé. En outre, nous vivons de plus en plus longtemps: les besoins en soins de longue durée vont donc exploser, et ce de manière exponentielle. Comment prendre en charge ces coûts? L'immigration ne sera pas suffisante. La réponse la plus appropriée consisterait à encourager l'activité des femmes et à retarder de quelques années l'âge de départ à la retraite.

Il y a peu de risques cependant qu'un gouvernement démocratique dise un jour à ses citoyens qu'il n'a pas d'argent pour payer leurs retraites ou pour prendre en charge leurs soins. Dans la mesure où les personnes âgées représenteront une proportion très importante de la population, et donc des électeurs, les Etats paieront. Il faudra veiller en revanche à ce que ces dépenses ne se fassent pas au détriment de celles destinées à la petite enfance. La sociologue Dominique Méda a évalué à 0,3% du produit intérieur brut (PIB) le coût d'une prise en charge universelle publique de la petite enfance jusqu'à l'âge de 3 ans, une dépense relativement faible qui répondrait à une demande sociale forte.
Propos recueillis par Guillaume Duval, Camille Dorival, Hélène Bourgon

Alternatives Economiques - n°272 - Septembre 2008

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